Vous avez un crédit et vous venez de perdre votre emploi ? Vous vous demandez comment vous allez pouvoir rembourser vos mensualités ? C’est une situation stressante et il est normal de s’inquiéter.
Cet article est fait pour vous guider. Il existe des solutions concrètes pour faire face à cette situation. Nous allons voir ensemble, étape par étape, toutes les options pour gérer votre crédit pendant une période de chômage, de la plus simple à la plus sérieuse.
Quelles sont les solutions pour gérer un crédit au chômage ? (Tableau Récapitulatif)
Chaque situation est différente. Un chômage qui s’annonce court ne se gère pas comme une perte d’emploi de longue durée. Pour y voir clair rapidement, voici un tableau qui résume les principales solutions à votre disposition.
| La Solution | Le Principe | Idéal pour… |
|---|---|---|
| Modulation des mensualités | Réduire le montant des échéances en allongeant la durée du prêt. | Un chômage temporaire ou partiel avec une perspective de retour à l’emploi rapide. |
| Report d’échéances | Suspendre le remboursement du capital (report partiel) ou du capital et des intérêts (report total) pour quelques mois. | Un besoin de trésorerie immédiat et une situation de chômage de courte durée. |
| Assurance perte d’emploi | L’assurance emprunteur prend en charge une partie ou la totalité des mensualités. | Ceux qui ont souscrit cette garantie et qui remplissent des conditions très strictes (licenciement hors faute, etc.). |
| Renégociation | Discuter avec votre banque pour trouver un arrangement à l’amiable (baisse de taux, aménagement). | Les emprunteurs avec un bon historique de remboursement et une relation de confiance avec leur conseiller. |
| Rachat de crédits | Regrouper tous vos prêts en un seul pour n’avoir qu’une seule mensualité, plus faible. | Ceux qui ont plusieurs crédits et qui ont besoin d’une solution structurelle pour baisser leur taux d’endettement. |
| Commission de surendettement | Saisir la Banque de France en dernier recours pour obtenir un plan de redressement ou un effacement des dettes. | Les situations où aucune autre solution n’est possible et où les dettes sont devenues ingérables. |
Analyse détaillée des solutions (Du plus simple au plus radical)
Maintenant que vous avez une vue d’ensemble, regardons chaque option de plus près. Il est important de comprendre comment chacune fonctionne pour choisir celle qui correspond vraiment à votre cas.
Option 1 : La modulation des mensualités (solution temporaire)
La modulation consiste à réduire le montant de vos mensualités, souvent de 10 % à 30 %. C’est une option intéressante si votre baisse de revenus est limitée ou si vous pensez retrouver un emploi rapidement. Votre contrat de prêt doit prévoir cette possibilité.
Attention, cette flexibilité a un coût. En réduisant vos paiements mensuels, vous allongez la durée de votre crédit. Et qui dit durée plus longue, dit plus d’intérêts à payer au final. Le coût total de votre crédit augmente donc mécaniquement.
Option 2 : Le report d’échéances (une pause pour respirer)
Le report vous permet de faire une pause dans vos remboursements. C’est une bouffée d’oxygène si vous êtes dans une situation financière très tendue. La durée maximale de ce report est généralement fixée dans votre contrat, souvent entre 12 et 24 mois.
Il existe deux types de report :
- Le report partiel : vous arrêtez de rembourser le capital mais vous continuez de payer les intérêts et l’assurance emprunteur.
- Le report total : vous suspendez tout, capital et intérêts. Seule la cotisation d’assurance reste due. Cette option coûte plus cher à la fin.
Comme pour la modulation, cette solution augmente le coût final de votre emprunt car les intérêts non payés sont ajoutés au capital restant dû.
Option 3 : L’activation de l’assurance perte d’emploi
Si vous avez souscrit une assurance emprunteur avec la garantie perte d’emploi, elle peut prendre le relais. Mais attention, son déclenchement n’est pas automatique et dépend de conditions très strictes.
Pour pouvoir en bénéficier, il faut généralement remplir plusieurs conditions :
- Avoir souscrit à cette garantie spécifique (elle est facultative).
- Avoir été en CDI avant votre licenciement.
- Le licenciement ne doit pas résulter d’une faute grave ou lourde, d’une démission ou d’une rupture conventionnelle.
- Vous devez bénéficier des allocations chômage de France Travail (anciennement Pôle Emploi).
La prise en charge est souvent partielle et limitée dans le temps. L’assurance peut par exemple couvrir 50% de la mensualité pendant 18 mois maximum. Lisez attentivement votre contrat pour connaître les détails.
Option 4 : La renégociation de votre crédit avec votre banque
Avant d’envisager des solutions plus lourdes, une simple discussion peut parfois suffire. Prenez rendez-vous avec votre conseiller pour lui expliquer votre situation de chômage. Le plus important est de contacter directement votre banquier avant le premier incident de paiement.
Si vous avez toujours été un bon payeur, la banque aura plus de chances d’être à votre écoute. Vous pouvez essayer de négocier un aménagement temporaire ou, pour un crédit immobilier, une baisse du taux si les conditions de marché le permettent. Cependant, cette démarche reste à la discrétion de la banque.
Option 5 : Le regroupement ou rachat de crédits (pour une restructuration profonde)
Si vous avez plusieurs prêts (crédit immobilier, crédit conso, prêt auto…), le rachat de crédits peut être une solution. Le principe est de rassembler tous vos crédits en un seul. Vous n’avez plus qu’une seule mensualité à rembourser, qui sera plus faible que le total de vos anciennes échéances.
Les avantages et inconvénients sont clairs :
- Avantage : Votre taux d’endettement baisse immédiatement, ce qui vous donne plus d’air pour votre budget mensuel.
- Inconvénient : Pour baisser la mensualité, la durée du nouveau prêt est allongée. Le coût total final sera donc plus élevé.
Obtenir un rachat de crédit en étant au chômage est difficile, mais pas impossible. Il est souvent nécessaire d’avoir un co-emprunteur en CDI ou d’être propriétaire d’un bien immobilier qui pourra servir de garantie.
Que faire si aucune solution n’est possible ? La commission de surendettement
Quand les dettes s’accumulent et qu’aucune des solutions précédentes n’est envisageable, il reste un dernier recours : la commission de surendettement. C’est un organisme public géré par la Banque de France.
La procédure est gratuite et confidentielle. Vous devez déposer un dossier de surendettement pour expliquer votre situation. Si votre dossier est accepté, la commission peut proposer plusieurs issues :
- Un plan de redressement : un rééchelonnement de vos dettes sur une durée pouvant aller jusqu’à 7 ans.
- Un effacement partiel ou total des dettes : dans les cas les plus graves, si votre situation est jugée « irrémédiablement compromise ».
Les aides alternatives et conseils pour les demandeurs d’emploi
En parallèle des solutions liées à votre crédit, d’autres aides peuvent vous aider à équilibrer votre budget pendant votre période de chômage. France Travail ne paie pas directement votre crédit, mais peut proposer des aides qui allègent vos autres charges.
Parmi elles, on trouve :
- L’aide à la mobilité pour couvrir des frais de déplacement pour un entretien.
- Des aides à la formation pour accélérer votre retour à l’emploi.
- Le microcrédit social, pour des besoins spécifiques non liés à votre crédit principal.
FAQ – Vos questions sur le crédit et le chômage
Comment faire quand on ne peut plus du tout rembourser un crédit ?
La première chose à faire est de contacter immédiatement votre créancier pour l’informer de vos difficultés. N’attendez pas d’être en situation d’impayé. Si aucune solution amiable n’est trouvée (report, modulation), vous devez envisager de saisir la commission de surendettement de la Banque de France.
L’assurance perte d’emploi est-elle automatique ?
Non, loin de là. C’est une garantie optionnelle de l’assurance emprunteur que vous devez avoir souscrite. De plus, son activation dépend de conditions très précises : être en CDI, avoir subi un licenciement involontaire (hors faute), et respecter des délais de carence et de franchise. Il faut lire votre contrat en détail.
Peut-on emprunter de nouveau en étant au chômage ?
C’est très difficile. Pour les banques, le chômage représente une absence de revenus stables, ce qui est un frein majeur. Un financement peut être envisagé si vous avez un co-emprunteur avec un CDI stable, si vous êtes propriétaire d’un bien à mettre en garantie ou pour des projets très spécifiques comme le microcrédit social.
