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Jours de Fractionnement : Comment Fonctionnent-ils et Qui y a Droit ?

Julien juillet 10, 2026 8 min de lecture

Vous avez entendu parler des jours de fractionnement, mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est ? Vous vous demandez si vous pourriez avoir droit à des jours de congés supplémentaires ? C’est une question que beaucoup de salariés se posent.

Cet article vous explique simplement les règles du Code du travail. On va voir ensemble comment calculer vos jours de fractionnement et qui peut vraiment y avoir droit, avec des exemples clairs.

Tableau Récapitulatif : Calcul des Jours de Fractionnement

Pour faire simple, tout dépend du nombre de jours de votre congé principal qu’il vous reste à prendre après le 31 octobre. Voici un tableau qui résume la règle de calcul.

Jours du congé principal restants au 31/10 Jours de fractionnement accordés Condition essentielle
Moins de 3 jours 0 jour
Entre 3 et 5 jours 1 jour supplémentaire Avoir pris au moins 12 jours ouvrables consécutifs entre le 01/05 et le 31/10
6 jours ou plus 2 jours supplémentaires

Qui a Droit aux Jours de Fractionnement ?

La règle est simple : tous les salariés du secteur privé ont droit aux jours de fractionnement, sans condition particulière. Peu importe votre contrat de travail ou votre temps de travail.

Cela concerne donc :

  • Les salariés en CDI
  • Les salariés en CDD
  • Les salariés à temps plein
  • Les salariés à temps partiel

Votre ancienneté dans l’entreprise n’a aucun impact sur ce droit. Un salarié arrivé il y a trois mois peut y avoir droit de la même manière qu’un salarié présent depuis dix ans.

Comprendre les 3 Règles d’Or du Fractionnement

Le calcul des jours de fractionnement repose sur trois règles précises. Il faut bien les comprendre pour ne pas faire d’erreur.

Règle n°1 : Isoler le « Congé Principal » (24 jours)

Le calcul se base uniquement sur votre congé principal de 24 jours ouvrables. Cela correspond aux quatre premières semaines de congés payés que vous accumulez sur une année.

Attention, la 5ème semaine de congés payés est totalement exclue de ce calcul. Que vous l’ayez prise ou non, elle n’entre pas en compte pour déterminer si vous avez droit à un jour de congé supplémentaire. C’est une disposition claire de l’article L3141-23 du Code du travail.

Règle n°2 : Respecter la Période Légale (1er mai – 31 octobre)

Le Code du travail définit une période légale pour prendre la majeure partie de ses congés. Cette période va du 1er mai au 31 octobre de chaque année.

Les jours de fractionnement ont été créés pour encourager les employeurs à laisser leurs salariés prendre leurs congés en dehors de cette période estivale. Ce sont donc les jours de votre congé principal que vous prenez en dehors de cette période qui peuvent vous donner droit à des jours supplémentaires.

Règle n°3 : L’Obligation de Prendre 12 Jours Continus

C’est la condition la plus importante et souvent celle qui pose problème. Pour avoir droit aux jours de fractionnement, vous devez obligatoirement avoir pris au moins 12 jours ouvrables consécutifs pendant la période du 1er mai au 31 octobre.

12 jours ouvrables correspondent à deux semaines complètes, en comptant les samedis. Si vous n’avez pas respecté cette condition de congé continu, vous n’avez droit à aucun jour de fractionnement, même s’il vous reste beaucoup de jours de congé principal à poser après le 31 octobre. Cette obligation est définie par l’article L3141-19 du Code du travail.

Exemples Concrets de Calcul des Jours de Fractionnement

Pour mieux comprendre, rien ne vaut quelques exemples pratiques. Voici plusieurs scénarios pour illustrer le calcul.

Exemple 1 : Droit à 2 jours supplémentaires

Marie a 24 jours de congé principal. Elle prend 3 semaines (18 jours ouvrables) en août. Au 31 octobre, il lui reste donc 6 jours de son congé principal à poser (24 – 18 = 6). Elle a bien pris plus de 12 jours consécutifs en été.

Résultat : Comme il lui reste 6 jours à poser, elle a droit à 2 jours de fractionnement supplémentaires.

Exemple 2 : Droit à 1 jour supplémentaire

Julien a 24 jours de congé principal. Il pose 15 jours en juillet, puis il prend 4 jours fin octobre. Au 31 octobre, il a utilisé 19 jours de son congé principal (15 + 4). Il lui reste 5 jours de son congé principal (24 – 19 = 5).

Résultat : Comme il lui reste entre 3 et 5 jours, Julien a droit à 1 jour de fractionnement supplémentaire.

Contre-exemple : Droit à 0 jour

Paul préfère prendre ses congés en plusieurs fois. Il pose une semaine en juin et une semaine en septembre. Il n’a donc jamais posé 12 jours ouvrables d’affilée entre le 1er mai et le 31 octobre.

Résultat : Même s’il lui reste des jours de son congé principal à poser après le 31 octobre, il n’a droit à aucun jour de fractionnement car la condition principale des 12 jours continus n’est pas remplie.

Les Jours de Fractionnement en Vidéo

Pour une explication visuelle des règles de calcul, vous pouvez consulter cette vidéo :

Cas Particuliers : Fonction Publique, BTP et Conventions Collectives

Les règles générales s’appliquent à la majorité des salariés, mais il existe des exceptions et des régimes spécifiques à connaître.

Dans la fonction publique

Le principe des jours de fractionnement existe aussi pour les fonctionnaires, mais avec des règles de calcul un peu différentes. En général, les agents publics ont droit à :

  • 1 jour supplémentaire pour 5, 6 ou 7 jours de congés posés en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre.
  • 2 jours supplémentaires pour 8 jours de congés ou plus posés en dehors de cette période.

Les conditions exactes peuvent varier selon la fonction publique (État, territoriale, hospitalière).

Dans le BTP

Les salariés du BTP sont gérés par une caisse de congés payés spécifique, mais ils ont bien droit aux jours de fractionnement. Les conditions générales du Code du travail s’appliquent à eux de la même manière que pour les autres salariés du secteur privé.

Selon votre convention collective (exemple SYNTEC)

C’est un point très important. Un accord d’entreprise ou une convention collective peut prévoir des règles différentes, voire supprimer complètement le droit aux jours de fractionnement.

Par exemple, la convention collective SYNTEC (bureaux d’études techniques) prévoit ses propres modalités, avec un calcul qui se fait en jours ouvrés et non en jours ouvrables. Il est donc essentiel de consulter votre convention collective pour connaître les règles applicables dans votre entreprise.

Questions Fréquentes sur les Jours de Fractionnement (FAQ)

Voici les réponses aux questions les plus courantes que se posent les salariés et les employeurs.

L’employeur peut-il refuser les jours de fractionnement ?

La réponse est non. Si vous remplissez toutes les conditions fixées par la loi, l’attribution de ces jours supplémentaires est un droit. L’employeur ne peut pas s’y opposer.

S’il le fait, il s’expose à une amende, comme le prévoit l’article R3143-1 du Code du travail.

Peut-on renoncer à ses jours de fractionnement ?

Oui, c’est possible, mais sous des conditions très strictes. Le salarié peut renoncer à ses jours de fractionnement, mais cette renonciation doit faire l’objet d’un accord individuel et écrit. Un employeur peut vous le proposer, mais il ne peut en aucun cas vous l’imposer. Une clause dans le contrat de travail qui prévoirait une renonciation automatique est illégale.

Que deviennent les jours de fractionnement non pris en cas de départ ?

Ils ne sont pas perdus. Si vous quittez l’entreprise (démission, licenciement, rupture conventionnelle) et que vous n’avez pas pu prendre vos jours de fractionnement, ils doivent vous être payés. Ils sont intégrés à votre indemnité compensatrice de congés payés, versée avec votre solde de tout compte.

Combien de jours de fractionnement peut-on avoir au maximum ?

La loi fixe le nombre maximum à 2 jours de fractionnement. Cependant, une convention collective ou un accord d’entreprise plus favorable peut tout à fait prévoir d’accorder plus de jours. C’est rare, mais possible.

Auteur

Julien

Passionné d'entrepreneuriat et d'innovation, je partage avec vous les dernières tendances du business français et les success stories qui inspirent notre économie.

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